La Convergence autonome et solidaire pour le salariat étudiant (CASSE) est un collectif autonome qui lutte pour la reconnaissance et la salarisation du travail étudiant.

Hubert Troli

De la nécessité pour les mouvements étudiants de déborder le carcan universitaire

Un mouvement étudiant aspirant à ébranler, voire renverser, le présent ordre social et économique à l’origine des oppressions qui pèsent sur la condition des travailleur·euses en devenir, ne peut circonscrire au secteur scolaire son domaine d’intervention et ne peut, ainsi, faire l’économie d’une convergence de ses fronts de lutte avec ceux de la classe populaire dans son ensemble. La rencontre des intérêts étudiants et populaires dans leur condition commune de locataires présente ainsi un intérêt stratégique majeur pour une organisation étudiante s’inscrivant dans une perspective révolutionnaire, comme la convergence autonome et solidaire pour le salariat étudiant (CASSE).

La CASSE naquit d’un constat partagé parmi une poignée d’étudiant·es désirant se saisir de leur destin politique commun, à savoir que la détérioration croissante et perpétuelle des conditions d’existence auxquelles leur voue leur statut de travailleur·euses en devenir ne trouvera point d’issue sans qu’un renversement systématique des logiques sociétales qui y participent ne s’opère. Autrement dit, la CASSE se veut le regroupement et l’initiative d’un groupe d’individus faisant l’expérience du système universitaire et d’éducation en tant qu’expression bien particulière de l’exploitation à laquelle le présent régime capitaliste assujettie la classe des travailleur·euses. En ce sens, la revendication d’un salaire étudiant, constitutif de la CASSE et guidant son action, peut sembler circonscrire à l’enceinte universitaire ou postsecondaire le domaine d’intervention de l’organisation ainsi que ses objectifs politiques. 

Or, l’endettement, la paupérisation et la précarité persistante auxquels fait face la population étudiante cherchent leurs causes profondes bien au-delà de la seule sphère universitaire, celle-ci ne constituant qu’un rouage bien précis de l’ordre économique et politique qui les subsume. Les travailleur·euses étudiant·es que regroupe la CASSE reconnaissent en cela que, aussi souhaitable soit-elle, toute victoire politique obtenue pour et par la population étudiante, même si celle-ci s’accompagne de gains substantiels sur le plan matériel, se verra tendanciellement absorbée et diluée par le concours des logiques économiques qui régissent les institutions relevant de l’État. En vue d’altérer la marche effrénée de cesdites institutions dont les mécaniques excèdent de loin le seul milieu de l’éducation, un mouvement étudiant, se faisant le porteur d’une éducation débarrassée de toute oppression et, en ce sens, réellement émancipatrice, doit impérativement s’inscrire dans un mouvement plus large de lutte populaire.

Battre le pavé : convergences historiques des mouvements étudiants et populaires

Nous pouvons ici songer aux mouvements sociaux qui balayèrent l’Europe occidentale à partir de la fin des années 1960. En effet, si c’est à partir des universités que plusieurs des foyers urbains de ces grandes mobilisations du vingtième siècle prirent naissance, celles-ci débordèrent presque systématiquement des campus pour prendre une envergure populaire bien plus large. Ainsi, en Italie, surtout dans les villes industrielles de Turin et de Milan, par exemple, la lutte des étudiant·es se mêle à celle des ouvrier·ères de l’automobile et du pneu pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Cette solidarité de classe semble d’autant plus évidente à l’époque que, pour beaucoup d’étudiant·es, ce sont leurs propres parents qui s’éreintent alors sur les chaînes de montage des Fiat ou des Pirelli à longueur de journée. 

En France, si l’on retient le plus souvent des évènements de mai 1968 les nombreuses occupations dont firent l’objet les campus étudiants à travers le pays, faut-il rappeler que c’est l’économie et les institutions du pays tout entier qui furent alors mises à l’arrêt pendant plus de deux mois dans ce qui constitua l’une des plus grandes grèves générales que connu l’hexagone au cours du dernier siècle. Aux côtés des slogans libertaires caractéristiques d’une jeunesse cherchant à s’extirper du carcan d’une société profondément conservatrice et conformiste, pouvait-on ainsi entendre des travailleur·euses de la fonction publique et de plusieurs industries s’en prenant au caractère aliénant de la soumission au travail. 

Plus près de nous, un tableau semblable peut être fait des mobilisations qui entourèrent le front commun de 1972 au Québec, durant lesquelles plusieurs associations étudiantes d’à travers la province adoptèrent des mandats de grèves en solidarité avec les travailleur·euses de la fonction publique.

Quand bien même l’on doit mitiger le bilan de ces mobilisations historiques, les gains remportés par celles-ci ayant presque sans exception été perdus au cours de la période de néolibéralisation qui s’en suivit, nous pouvons raisonnablement affirmer que nul événement du même ordre ne semble avoir ébranlé l’économie des États capitalistes avancés comme elles l’ont fait depuis. Ainsi, partant d’une perspective étudiante, l’on doit retenir que le déterminant commun du succès politique de ces mouvements réside dans l’interpénétration des luttes sur les campus et dans les usines à laquelle ils donnèrent lieu et dont la rue fut le principal espace d’expression.  Sans chercher à répéter les échecs de l’histoire, il nous apparaît crucial pour la CASSE de s’inspirer de cette perspective de décloisonnement des sphères universitaires et postsecondaires et d’étudier ainsi qu’investir dès à présent les fronts de luttes qui permettraient, dans la conjoncture actuelle du capital, de poser les bases d’un mouvement social s’étendant à l’ensemble de la classe populaire.

Où l’“Appel” se fait-il audible aujourd’hui? : reconfiguration du capitalisme et mort du mouvement ouvrier

Or, la question de la conjoncture économique et de la restructuration du capital est on ne peut plus fondamentale dans l’élaboration d’une telle stratégie. Par là, nous voulons souligner que la forme spécifique que pu revêtir le mode de production en Europe et au Québec vers la fin des années 1960 fut substantiellement altérée depuis, ce qui requiert pour qui souhaite s’organiser dans une perspective révolutionnaire un effort de réflexion et d’adaptation stratégique en fonction des nouvelles réalités de l’exploitation capitaliste ayant cours dans ces mêmes régions. Nous ne suggérons cependant point par « altération » ou « reconfiguration » du mode de production capitaliste que ses logiques fondamentales et sa contradiction constitutive sont des catégories d’analyse obsolètes. Au contraire même, aucun indicateur historique et économique ne permet d’affirmer que la reproduction et le développement de nos sociétés ne reposent plus sur l’exploitation de la force de travail d’une classe majoritaire par une classe exploiteuse minoritaire guidée par les impératifs de croissance et de concurrence du marché. 

Cependant, il est vrai que la manière dont s’exprime ce rapport d’exploitation, et à plus forte raison encore dans les États dit du capitalisme avancé, fut drastiquement modifiée. À vrai dire, les mobilisations des années 1960 et 1970 que nous avons évoquées doivent sans doute être conçues comme l’acte de décès ou la consécration de l’impasse à sa propre reproduction que rencontre le capitalisme dans les modalités le définissant alors depuis le début du vingtième siècle. En effet, si le mode de production fordiste et le développement du consumérisme de masse permirent au capitalisme de surmonter la crise qu’il subit dans les années 1930, le nouveau paradigme qui en résulte au sortir de la guerre commence à se heurter à son tour à ses propres contradictions au cours des années 1960 et, a fortiori, dans les années 1970. S’en suit une nouvelle reconfiguration du capital, dont la délocalisation des usines à haute intensité en main-d’œuvre vers des États où celle-ci est encore moins chère, l’atomisation des travailleur·euses des États du capitalisme avancé et la montée d’un discours néolibéral porté sur la responsabilisation de l’individu face aux pressions du marché sont les principaux axes. 

Cette difficulté à rejoindre la classe laborieuse sur les lieux de production pousse donc à réévaluer la pertinence des efforts de mobilisation y étant consentis par les organisations s’inscrivant dans une perspective révolutionnaire, qu’elles soient étudiantes ou non. En effet, si un mouvement remettant en question l’ordre capitaliste établi ne peut advenir sans que n’y prenne part la classe exploitée, il n’est aucun impératif ou voie toute tracée quant à la sphère de l’économie par laquelle cettedite classe prendra son destin en main. En l’occurrence, la reconfiguration du capital exposée plus haut ainsi que les expériences de mobilisations d’ici et d’ailleurs depuis la dernière décennie pointe vers l’espace de vie et la sphère de reproduction comme nouveaux fronts de lutte réceptifs aux discours anticapitalistes et témoignant d’une certaine conscience de classe en germe.

Condition locataire et conscience de classe : vers un nouveau front?

Plus précisément, au sein de cette sphère participant de la reproduction de la force de travail, la relation de propriétaire à locataire s’est révélée, au cours des dernières années, comme l’un des points de tension traduisant et exacerbant le mieux la lutte de classe sur laquelle repose la société capitaliste contemporaine.

À ce titre, il suffit de lire les manchettes de l’édition du premier juillet d’un quotidien montréalais ou québécois quelconque pour être aussitôt bombardé·es de statistiques assorties de titres sensationnalistes évoquant l’état de crise toujours plus aiguë qui toucherait le marché locatif. Effectivement, quelques chiffres témoignant de l’inaccessibilité croissante qui caractérise le parc locatif d’un océan à l’autre méritent d’être relevés : par rapport à l’année antérieure, en 2021, un·e locataire consacrera en moyenne trois heures de travail supplémentaires rémunérées à salaire horaire moyen afin de payer son loyer à Montréal. À Québec, cette statistique s’élève à cinq heures et à 12 heures dans la région d’Halifax[1]. De surcroît, notons que les augmentations de loyer recommandées par le Tribunal administratif du logement (TAL) pour les années 2024 et 2025 étaient respectivement de 4% et de 5,9%, alors que le salaire minimum connut ces mêmes années au Québec une augmentation de 3,28% et de 2,2% [2]

Ainsi, s’il s’avère que la rente locative est un facteur important de la paupérisation croissante que connaît la classe laborieuse, nous devons cependant nous prémunir de l’écueil théorique qui consiste en un discours trop axé sur le concept de soi-disant « crise du logement » dont la presse libérale est l’une des principales caisses de résonance. Effectivement, loin d’être le produit de circonstances exceptionnelles, la question de l’accessibilité au logement est, depuis les balbutiements du capitalisme en Angleterre, une donnée permanente et constitutrice dudit mode de production.

 Aparté historico-théorique sur la soi-disant crise du logement 

Comme l’observait déjà Engels, l’avènement du capitalisme, notamment au travers du mouvement des enclosures aux 16e et 17e siècles, vit la population rurale se ruer vers des villes aux effectifs résidentiels insuffisants au regard de l’allure de la croissance démographique alors en cours [3]. Conséquemment, le phénomène en question engendra, il y a de cela déjà plus de deux siècles, une hausse artificielle des loyers ayant elle-même pour corollaire l’entassement d’un nombre croissant de corps par foyer, le refoulement des ouvriers du centre vers la périphérie urbaine ainsi qu’une augmentation du nombre d’individus se trouvant dans l’incapacité de se loger. Bref, un scénario bien familier à quiconque est locataire et habite un État capitaliste avancé au 21e siècle. 

La présente situation qui touche le marché locatif ne doit donc point être appréhendée dans une perspective de crise, mais nécessite plutôt d’être analysée en tant que tendance inhérente au mode de production capitaliste et vouée à se perpétuer de manière cyclique si n’advient pas un renversement complet de ce dernier, de la classe à laquelle il profite et des logiques économiques fondamentales qui le sous-tendent. Autrement dit, dans une perspective plus réformiste, des politiques de régulation du marché locatif permettraient peut-être temporairement d’améliorer le sort des locataires. Or, il est d’abord peu de chances que de telles mesures soient effectivement prises par la classe politique, étant donné son assujettissement aux logiques et intérêts du marché et, si tel venait miraculeusement à se produire, il serait alors permis de douter de la pérennité desdites politiques.

Cela étant dit, il est vrai que la conjoncture politique et économique fait de la question du logement depuis plus d’une décennie un enjeu cristallisant de manière exacerbée le conflit de classe et représentant ainsi un front revêtant un potentiel stratégique important dans une perspective révolutionnaire. Cette situation tient certes à la hausse disproportionnée des prix du marché locatif par rapport aux augmentations salariales, mais également à un contexte marqué par l’attitude décomplexée des locateurs. L’état du marché à leur avantage laisse se multiplier les stratagèmes de flips immobiliers participant du nombre croissant d’évictions enregistré chaque année. Mis à part les évictions, de plus en plus de locataires habitent des logements insalubres ou sont plus généralement victimes de la négligence de leur propriétaire en ce qui a trait à l’entretien de leur bâtiment. À cela faut-il également ajouter la violence psychologique et le harcèlement que subissent beaucoup de locataires de la part de leur locateur. 

Le gouvernement provincial, quant à lui, ne contribue certainement pas à la pacification de la situation en se portant à la défense des intérêts propriétaires et en s’en prenant aux quelques droits protégeant la condition des locataires au travers d’une série de projets de loi. En effet, depuis la nomination de France-Élaine Duranceau en 2022 à la tête du ministère de l’Habitation du Québec sous les couleurs de la CAQ, deux coups importants furent portés aux intérêts des locataires. Le premier renvoie au projet de loi 31 dans la foulée duquel le droit de cession de bail fut abrogé[4]. Le second coup a trait aux modifications apportées cette année au calcul déterminant la hausse de loyer recommandée par le TAL. Cette nouvelle mouture du calcul aurait notamment tiré vers le haut les augmentations recommandées pour les années antérieures et risque donc d’en faire autant pour les années à venir, selon les estimations actuelles. Enfin, outre ces politiques, mentionnons que la classe politique en général fait preuve dans ses discours d’une certaine arrogance méprisante quant aux conditions d’existences des locataires ainsi que d’une forme de déconnexion en ce qui a trait à la réalité du marché locatif actuel, ce qui, bien sûr, n’est point étonnant étant donné le profil sociodémographique de l’Assemblée nationale et la large majorité de propriétaires qui la compose. Pour le dire plus simplement : que peut-on réellement attendre en tant que locataires d’un gouvernement de proprios? 

Expériences d’organisation prometteuses 

Si l’ensemble de ces facteurs font du logement un front de lutte méritant d’être investi dans une perspective révolutionnaire, c’est également ce que tend à démontrer l’opinion populaire très favorable que récoltent les actions d’organisations politiques autonomes s’y attelant, telles que le Syndicat des locataires autonomes de Montréal (SLAM) et la Brigade Anti-Éviction (BAE)[5]. Plus concrètement, le bilan de ces deux organisations depuis leur mise sur pied est lui aussi encourageant : 500 locataires membres, 70 bâtiments organisés et près d’une centaine de réductions de loyers obtenues cette année pour le SLAM et 100 évictions illégales bloquées du côté de la BAE depuis sa constitution en septembre 2024. Autrement dit, si ces chiffres à eux seuls ne permettent pas d’affirmer qu’un mouvement social d’envergure semble se dessiner sur le front du logement, ils constituent néanmoins des indicateurs du potentiel mobilisateur que celui-ci représente.

Logement et condition étudiante

Au-delà de cette réceptivité populaire dont il témoigne, le front du logement revêt un intérêt d’autant plus important pour toute organisation comme la CASSE en ce que les intérêts contradictoires qui s’y affrontent permettent d’unir sous une condition matérielle et existentielle commune de locataire la population étudiante et le prolétariat en général. Certes, la division de la société en classes sociales ne peut être simplement superposée à celle qui oppose propriétaires et locataires, tout comme la condition étudiante ne définit pas en dernière instance l’appartenance d’un individu à une classe sociale[6]. En effet, c’est bien plutôt le fait que la vaste majorité de la population locataire appartienne à la classe laborieuse qui permet d’identifier le front du logement comme lieu d’expression de l’antagonisme de classe qui structure la société capitaliste. Ainsi, la population étudiante québécoise, composée à 77% de locataires en 2022, voit donc ses intérêts matériels en matière de logement en étroite adéquation avec ceux de la classe exploitée[7].

Or, en plus d’être liée aux travailleur·euses dans sa condition commune de locataire, la population étudiante se trouve à être à l’avant-poste de l’aliénation rentière que fait peser sur elle cette condition. Plus précisément, selon le dernier rapport de l’unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE), le loyer individuel médian de la population étudiante québécoise aurait augmenté de 18% entre 2017 et 2021 comparativement à 11,5% pour l’ensemble du marché locatif. De plus, notons que la population étudiante en est une également précarisée de par sa surreprésentation au sein des secteurs d’emplois sous-payés et du fait que plus du tiers de celle-ci occupe un emploi à temps partiel. À ce titre, 62% des locataires étudiant·es touchent des revenus annuels totaux inférieurs à 20 000$ et 64% de la même population dit également consacrer plus de 30% de leurs revenus au logement[8]. Enfin, et c’est en cela notamment que la CASSE se donne la mise en place d’un salaire étudiant comme horizon politique, 66,8% de la population étudiante ne bénéficie d’aucune bourse d’études et 74,6% d’aucune aide financière parentale[9].

 Conclusion

En conclusion, l’extension des mobilisations étudiantes au-delà des enceintes universitaires et des enjeux qui les traversent ainsi que l’interpénétration de ces premières avec les luttes populaires ayant cours hors des campus sont, selon la CASSE, des conditions historiques nécessaires, bien que non suffisantes, à l’émergence d’un mouvement social d’envergure à même de renverser les bases du présent ordre capitaliste, cishétéropatriarcal et colonial. Par ailleurs, les perspectives de mobilisation sur les lieux de travail semblent peu prometteuses à l’aune des reconfigurations contemporaines de la production au sein des États capitalistes avancés ainsi que des échecs historiques rencontrés par les organisations politiques révolutionnaires ayant persisté à investir la sphère productive ces dernières années. 

Face à ces constats, le milieu de vie et la sphère reproductive s’avèrent être des pistes beaucoup plus pertinentes à investir pour une organisation étudiante s’inscrivant dans une perspective révolutionnaire et anti-oppressive, comme la CASSE. Plus particulièrement, en raison de la conjoncture politique, sociale et économique, la question du logement donne lieu à l’une des expressions les plus poussées depuis quelques années d’un sentiment sincère de solidarité et d’une conscience de classe en germe au sein du prolétariat. De surcroît, les enjeux matériels relatifs au logement touchant de plein fouet la vaste majorité de la population étudiante, et même dans une plus grande mesure que la classe exploitée en général, font donc de ces premiers un front de prédilection où peuvent converger les intérêts étudiants et populaires en un mouvement social destituant. 

Ainsi, sur le plan tactique, nous pensons que des initiatives telles que la BAE et le SLAM, œuvrant déjà sur le terrain du logement, constituent des structures existantes qui gagneraient à être massivement investies par la population étudiante locataire. À vrai dire, des détachements étudiants de ces organisations semblent déjà vouloir voir le jour sur certains campus, comme c’est le cas par exemple au Cégep du Vieux Montréal, où une cellule étudiante locale de la BAE est en train de s’implanter. La multiplication et la croissance de coalitions entre étudiant·es et organisations populaires autonomes comme celle-ci à travers le Québec constituent l’une des avenues les plus prometteuses qui s’offrent aux groupes étudiants comme la CASSE voulant voir définitivement le monde débarrassé de toute forme d’exploitation et d’oppression.    

Notes et sources :


[1] Ricardo Tranjan, La classe locataire, Québec Amérique, Montréal, 2025, p. 44.

[2] Ministère du travail du Québec, « Le taux général du salaire minimum passera à 15,75 $ l’heure le 1er mai 2024 », Gouvernement du Québec, 2024, en ligne, <https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/le-taux-general-du-salaire-minimum-passera-a-1575-lheure-le-1er-mai-2024-53409&gt;, consulté le 13 août 2025; Ministère du travail du Québec, « Le taux général du salaire minimum passera à 16,10 $ l’heure le 1er mai 2025 », Gouvernement du Québec, 2025, en ligne, <https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/le-taux-general-du-salaire-minimum-passera-a-1610-lheure-le-1er-mai-2025-60745&gt;, consulté le 13 août 2025; Annabelle Caillou Pavic Clémence, « La hausse recommandée des loyers est de 5,9% pour 2025, un record », Le Devoir, 2025, en ligne, <https://www.ledevoir.com/economie/834826/forte-hausse-loyers-vue&gt;, consulté le 13 août 2025; Félix Morissette-Beaulieu, « La hausse des loyers est suggérée à 4 % pour 2024 », Radio-Canada, 2024, en ligne, <https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2042356/augmentation-loyer-quebec-2024-tal&gt;, consulté le 13 août 2025.

[3] Friederich Engels, La question du logement, 1872, en ligne, <https://www.marxists.org/francais/engels/works/1872/00/logement.htm&gt;, consulté le 29 août 2023.

[4] Disposition qui permettait aux locataires de réduire à la suite d’une résiliation de bail la hausse de loyer infligée à de futur.e.s occupant.e.s.

[5] Syndicat des locataires autonome de Montréal, 24-01-, en ligne, <https://www.instagram.com/p/DFN710zyTzk/?img_index=4&gt;; La Partisane (Page Instagram), Action de la Brigade Anti-Éviction, 2025, en ligne, <https://www.instagram.com/p/DHKJO7uJs2I/?img_index=1&gt;.

[6] Autrement dit, le fait pour un·e travailleur·euse d’être la.e propriétaire de son propre logement n’enlève rien à sa condition de salarié·e tout comme les intérêts d’un.e membre de la classe exploiteuse ne sauraient être altérés du fait de son statut de locataire. Il en va de même de l’étudiant·e locataire, mais promis·e à un gras héritage familial et de celui.elle habitant toujours la demeure familiale, mais destiné·e à rejoindre les bas rangs du salariat.

[7] Andrée-Anne Lefebvre, Le logement étudiant au Québec, Montréal, Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE), janvier 2022, p. 68, p. 13.

[8] Ibid., p. 15.

[9] Ibid., p. 16.

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