La CASSE dénonce la suppression des bourses Perspectives par le gouvernement du Québec comme un recul pour le mouvement étudiant dans la lutte pour le salariat étudiant.
Nous soutenons celleux qui militent pour la sauvegarde des bourses Perspectives, qui représentaient 1 500 $ par session au collégial et 2 500 $ à l’université. Ces montants offraient un certain répit à de nombreux·ses étudiant·es pris dans l’engrenage de la précarité, une précarité qui n’est pas un accident, mais une conséquence directe de la coercition économique capitaliste, qui force celleux dont le travail n’est pas reconnu à vivre dans l’insécurité financière.
Mais soyons clairs : les bourses Perspectives ne sont pas une solution juste, suffisante et durable.
Les bourses Perspectives ne résolvaient aucunement la précarité étudiante et leur abolition prouve la fragilité d’une mesure reposant sur les bourses d’études.
1. Exclusion de la majorité des étudiant·e·s
En effet, ces bourses ne s’adressaient qu’à certain·es étudiant·e·s dans des programmes jugés « stratégiques », laissant la majorité dans l’ombre. En accordant une aide financière à certain·e·s et pas à d’autres, elles renforcent l’idée fausse que seul·e·s certain·e·s étudiant·e·s « méritent » d’être soutenu·e·s. Pourtant, toutes les études contribuent au développement de la société et permettent de répondre aux besoins de compétence et de savoirs de l’État et du capital !
2. Insuffisantes quant aux besoins de base des étudiant·e·s
À l’université, ces bourses couvraient à peine les droits de scolarité et autres frais obligatoires, estimés en moyenne à 2 000 $ par session au Québec. Les étudiant·e·s qui les recevaient étaient toujours forcé·e·s d’avoir un emploi en parallèle, de s’endetter ou de dépendre financièrement de leur famille.
3. Une mesure au service du marché
Le gouvernement du Québec a présenté les bourses Perspectives comme une solution aux pénuries de main-d’œuvre. Or, depuis leur mise en place, ces bourses ont peu ou pas eu d’effet sur les inscriptions dans les programmes ciblés, et dans certains cas, les inscriptions ont même reculé.
Puisque ces bourses n’ont pas atteint leur objectif premier, lLeur suppression était donc prévisible. Pour le gouvernement, la situation matérielle des étudiant·es n’est qu’un outil politique, un paramètre qu’il ajuste en fonction des besoins du marché du travail. En l’absence de reconnaissance du travail étudiant, les bénéficiaires de bourses restent vulnérables aux coupes budgétaires.
Au-delà de leur efficacité, la logique même de ces bourses révèle une vérité plus large : avec ou sans bourses, les étudiant·e·s continueront d’être contraint·e·s de remplir les bancs d’école pour répondre aux exigences du marché du travail. En effet, 70 % des emplois au Québec nécessitent un diplôme postsecondaire., ce qui force les étudiant·e·s à poursuivre leurs études malgré la précarité.
En somme, en l’absence de reconnaissance du travail étudiant, les bénéficiaires de bourses restent vulnérables aux coupes budgétaires. Plutôt que de reconnaître la valeur du travail étudiant, le gouvernement préfère imposer une coercition économique : étudier dans la précarité ou faire face au chômage. Bourses ou non, le système capitaliste assure que les étudiant·e·s restent pris au piège.
Défendons plus qu’un retour en arrière : exigeons un salaire
La CASSE sera solidaire de celleux qui se battent pour le retour des bourses Perspectives, puisqu’il est légitime de défendre des gains matériels pour les étudiant·e·s. Or, nous appelons celleux qui voient l’injustice de cette suppression à aller plus loin : ne nous limitons pas à défendre le retour d’un programme insuffisant, exigeons une reconnaissance complète du travail étudiant et un véritable salaire pour toustes.
Nous ne devons pas seulement lutter pour rétablir ce qui nous a été enlevé. Nous devons lutter pour obtenir ce qui nous revient de droit : un salaire, un droit à la syndicalisation et une véritable protection en vertu des normes du travail !


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